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Point de vue de Lauraine.
Après le coup de téléphone de ma s½ur pour me prévenir que l'heure du repas arrivé, j'ai rapidement fait mettre mes livres de côtés avant de sortir de la bibliothèque. Puis, j'ai pris la direction du bus, dans celui-ci, je regarde le paysage défiler par la fenêtre, ce chemin que je connais trop bien. Quinze ans que je parcours tous les jours les mêmes rues, des souvenirs refont surfaces.. .
Je passe le pas de la porte d'entrée. Mon père arrive pour me saluer, me déposant un baisé sur le front comme tous les jours, lorsque j'arrive à la maison. Je souris, mais mon sourire disparaît rapidement en voyant ma s½ur sur le palier de sa chambre. Son visage est sombre ou plutôt triste, triste oui. Mais pourquoi ? Mon père continu de me parler, je suis que d'une oreille discrète ce qu'il me dit, je l'écoute réellement seulement quand je sens ses bras passés autour de mes épaules, & là, je ris par la même occasion de bon c½ur à sa blague.
- Allez ma fille, passons à table. Me dit-il sourire aux lèvres.
Je lui fis un signe de tête pour acquiescer. Nous passons devant Essya, ses yeux sont vides, sa lèvre inférieure est pincée, ses poings sont crispés. Elle ne bouge pas. Mon père & moi rentrons dans la pièce, la bonne odeur de cuisine m'envahie. Je dépose un bisou sur la joue de ma mère avant de m'installer à table. Je vois ma s½ur, elle n'a pas bougé d'un poil, ce qui a pour but d'énerver mon père.
- Bon Essya, tu viens passer à table, oui ! Dit-il d'une voix agacée.
Elle ne dit rien, s'installant en face de moi dans le silence. Son mutisme dura pendant tout le repas.
Fin du point de vue de Lauraine.
Ma mère nous appelle pour passer à table, mon père & moi. Ma s½ur n'est toujours pas rentrée. En sortant de ma chambre, je reste quelques minutes sur mon palier dévisageant mon père, assis sur le canapé, à regarder cette stupide émission. Je suis sur qu'il attend Lauraine pour ce lever. Ma réponse ne mettra pas longtemps à arriver. C'est toujours comme ça. Des que ma s½ur fait un pas dans l'entrée, mon père lui saute au coup, lui donnant tout son amour ! & Moi ? Suis-je invisible ? Mon regard s'assombri. J'ai mal au c½ur en voyant cette scène, scène que je connais trop bien, malheureusement.. . Je croise le regard de ma s½ur, elle a les yeux pétillants de bonheur, un sourire rayonnant arbore son visage qui disparaît aussi vite qu'il est venu. Moi aussi j'avais ces yeux, cette expression quant-il* me prenait dans ses bras. Je me perds dans mes pensées jusqu'à ce que le rire communicatif de ma s½ur me sorte de mes songes.
- Allez ma fille, passons à table. Lui dit-il sourire aux lèvres. & Moi ?
Cette scène m'éc½ure. Mon père & ma s½ur bras dessus, bras dessous, riant ensemble, partagent des moments de tendresse ensemble, partant rejoindre la cuisine, ensemble. La colère me monte. J'attrape ma lèvre inférieure, la mordant aussi fort que je peux, pour ne pas hurler ma haine, je sers mes poings. Je ne bouge pas, restant spectateur de cette scène. Suis-je invisible ? Pourquoi n'y ais-je pas le droit ? Droit à cet amour. Tant de questions qui n'auront jamais de réponses.. .Serais-je jalouse ? Sûrement, oui.
La voix grave de mon père me raisonne dans ma tête. D'une voix brusque il me dit : « Bon Essya, tu viens passer à table oui ! » Je ne dis rien. Je marche en silence vers la cuisine sans un mot pour que le barrage de mes larmes ne craque pas. J'ai si mal au fond de moi.. .
Lors de ce repas, ma fourchette rencontra très peu le contact de ma bouche. Bien trop occupée à dessiner des E entre lassé dans mon assiette de purée.. .
Une fois la vaisselle terminée. Je prends la direction de la chambre de Lauraine. Elle croit que ses regards de pitié je ne les ai pas vus ? Je ne prends pas la peine de frapper à sa porte que je déboule comme une furie dans sa chambre. Elle est debout près de son armoire à choisir sa tenue pour demain.
Elle entrouvre la bouche laissant échapper mon prénom, mais je la coupe avant qu'elle rajoute quoi que ce soit !
- Tu crois que tes regards je ne les ai pas vus ? Dis-je d'un ton agressif.
- De quoi tu parles ?
- Ho ! Lauraine arrête. Ne me prend pas pour plus bête que je ne le suis déjà. S'il te plait !
- Je te jure, je ne vois pas de quoi tu parles. M'assure-t-elle calmement posant un deuxième jean sur son lit.
- Je n'ai pas besoin de ta compassion ou autre ! Je suis assez grande pour savoir ce que je fais ! Alors arrête !
- Ha ! Exclame t-elle dans un rire nerveux. Tu veux que je te laisse mourir à petit feu ?
- Qui t'a dit que j'étais entrain de mourir à petit feu ? Je ne me suis jamais senti aussi bien !
- Ce n'est qu'un masque Essya. Rien qu'un masque. Tu n'es plus la même. M'affirme-t-elle en me prenant par les épaules plongeant son regard vert dans le mien.
- Les gens changent. Dis-je en murmurant pour moi-même.
- Tu ne changes pas ! Tu ne manges presque plus, tu ne dors que très peu, tu crois que je ne l'ai pas remarqué. Une fois encore, ce soir, trois cuillères de purées que tu as avalées ! _Trois Essya.
- C'est déjà ça !
- Arrête. Tout ça c'est à cause des Amphet's ! J'ai fais des recherches &.. .
- La ferme !
- Ca diminue le sommeil ainsi que l'appétit. Ca provoque aussi l'agressivité & l'irritabilité des consommateurs !
- LA FERME !
Je sors de sa chambre en claquant la porte. Au fond de moi, je sais qu'elle a raison, mais je ne veux pas me l'avouer. J'essuie d'un revers de main mes larmes, donne un coup de pied dans la porte de mon armoire, laissant un renfoncement comme marque & crie. J'allume ma chaîne Hi-fi laissant l'album de 30 Seconds To Mars en fond sonore. Je m'allonge sur le lit, reprennent une respiration normale, puis démarre mon ordinateur
Point de vue de Lauraine.
Elle sort de ma chambre énervée. Plus ça va, plus ces « crises » sont fréquentes. Je m'assois un instant sur mon lit à penser. Je termine par me relever, finissant de chercher ma tenue pour demain. Je réfléchis à la paire de chaussure qui pourrait aller avec mes vêtements, quand mes parents arrivent à leurs tours dans ma chambre.
- Lauraine, qu'est-ce qui ce passe ?
- Rien m'man !
- Rien ? Mais tous les jours, on a le droit à une ou plusieurs disputes de votre part. Ce qui a le don de m'importuner. Dis mon père les sourcils froncés.
- Lauraine, dis nous ce qui se passe. On voit bien qu'Essya n'est pas bien. Elle n'est plus la jeune fille d'avant. Qu'est ce qu'elle a ? Demande ma mère inquiète.
Ho ! Presque rien maman, ne t'inquiète pas. Essya est en train de se faire du mal avec des produits génialement fantastiques qui la font planer.
- Rien ! Qu'est ce que tu veux qu'elle fasse ?
- Je ne sais pas. Dit-elle attristée.
- C'est juste des petites disputes entre s½ur. Puis Essya doit sûrement refaire une crise d'ado !
- Oui s'en doute. M'exprime-t-elle toujours accablée.
- Bonne nuit maman. Bonne nuit papa.
Fin du point de vue de Lauraine.
Je suis assise sur mon lit en tailleur. L'ordinateur posé sur mes cuisses. Je suis entrain de discuter avec Raoul. C'est mon ami, mon meilleur ami même, mon confident. Il m'a redonné le sourire, c'est le seul qui y arrive. Je ris de bon c½ur à sa dernière blague. Sourire trônant sur mon visage je lui réponds, mais mon sourire disparaît de plus en plus en voyant mes parents rentrés dans ma chambre.
- Frapper avant d'entrée, ce n'est pas interdit. Dis-je d'un ton sec & agressif !
- Essya. Prononce ma mère d'une voix douce tout en s'approchant de moi.
- Bonne nuit. Je dis ces deux mots en enlevant l'étreinte que ma mère venait de faire.
- Mais.. . Qu'est ce que tu as ? Dit-elle affolée.
- Rien.
- Ecoute.. . Intervient pour la première fois mon père. Depuis un moment tu n'es plus vivable. Donc tu iras voir un psy. Dit-il catégoriquement.
- Chéri, tu es sur que.. ?
- Absolument. Annonça-t-il sur de lui. Il faut qu'elle extériorise ce qu'elle ressent !
- Bonne nuit. Dis-je énervée en les jetant hors de ma chambre.
Je n'irai jamais voir un psy. JAMAIS. Ils veulent que j'extériorise ce que j'ai en moi. Ok, je vais exprimer ce que je ressens.. . & ils ne vont pas être déçut ! C'est moi qui vous le dis.. .




