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Elle murmure des choses incompréhensibles, larmes aux yeux. Je l'avais bien dis ce matin que ça aller être une journée de merde.
- Pourquoi ?
Je me stop. « Pourquoi ? » Ce mot, cette question, raisonne dans ma tête. Elle le répète de plus en plus fort, laissant éclater sa colère. Colère qu'elle déverse sur moi. Elle me tambourine le torse, me faisant lâcher le sac & ainsi reculer. Sa voix se brise. Elle est un mélange de colère, de peur. Elle sanglote, crie. Je la regarde faire. Je la regarde, me crier dessus. Je ne fais rien. Je l'observe juste. Bizarrement cela ne me touche pas. Je devrai pourtant, ma s½ur est en pleur, à la limite de la crise de nerf, à cause de moi, car elle s'inquiète de ma petite personne.
Ses cris s'arrêtent, mais ses coups & ses pleurs ne se stoppent pas. Je suis telle une statue de marbre. Je ne laisse percevoir aucune émotion, mais en ais-je vraiment ?
Elle marque une pose dans ses coups, pour me prendre dans ses bras. Je suis déconnectée. Un tel geste d'amour me chamboule au fond de moi.
Ce contact, six mois, six moi que je ne l'ai pas eu, provenant de ma famille en tout cas. D'habitude, je me serais dégagée rapidement de cette emprise, fuyant ce contact comme la peste, mais là, non. Je ne prends pas par à ce geste d'affection mais je ne le repousse pas non plus. Nous restons quelques minutes l'une dans les bras de l'autre. Ma s½ur se calme. Mes pensées se bousculent. Un temps de réaction, puis, je me libère assez violemment de ses bras. Je ne supporte pas ça ! Ou ne veux plus le supporter. Je ne sais plus. Ma tête est vide. J'en ai marre. Ma s½ur me regarde, ses yeux sont rouges.
- Qu'est ce.. . Laisse-t-elle échapper entre deux sanglots !
- Laisse, j'en ai marre, je suis fatigué, rentrons à hôtel.
- Pourquoi ?
- Car je commence à en avoir raz le cul, de toi, de cette journée. Dis-je énervée. J'étais obligée de t'accompagner à ce concert. Là, j'ai envie d'être au calme, alors maintenant la princesse accélère le mouvement ! L'hôtel est au bout de la rue.
A la réception je suis assez agressive dans mes paroles. Le réceptionniste n'y est pour rien, mais c'est comme ça. Une fois, notre clef posée sur le comptoir, je l'attrape, fais un signe de tête au monsieur & lui dis de passer une bonne soirée. Dans l'ascenseur, l'atmosphère est lourde. Ma s½ur m'en veut & je lui en veux d'avoir levé la main sur moi.
En entrant dans la chambre, je lâche, le sac prés du lit. Ma s½ur prend ce qu'elle a besoin & part s'enfermer dans la salle de bain. J'allume la télé, enlève le son, laissant seulement les images défiler, comme à chaque fois. Dans le sac, je prends une cigarette, & une dose puis me pose sur le canapé près de la fenêtre. Dehors, la pluie à commencer à tomber. Mes oreillettes posées sur mes oreilles, je laisse passer en boucle cette chanson, toujours la même quand je pense à lui*. Mes larmes coulent. Je jette ma clope par la fenêtre, la referme puis m'assoie en tailleur sur le canapé. La chanson repasse pour la troisième fois. Je me berce, d'avant en arrière, ma tête cogne contre la vitre, mes larmes s'échappent. J'ai l'impression que je vais étouffer. Dans un geste maladroit, je m'injecte mon produit. Ca me calme. Je m'allonge, je suis comme morte sur le sofa, ma main gauche tombant mollement par terre. Mon regard lui est tourné vers le ciel. Les paroles défilent, « 'Cause your presence still lingers here » c'est sur cette phrase rempli de larmes, de tristesses que je m'endors.
Point de vue de Lauraine.
La nuit à était courte. Mes pensées étaient tournées vers Essya. Quand je suis sorti de la salle de bain, ma vision me serra le c½ur, elle était endormie, les larmes coulantes, à écouter cette chanson My Immortal. Elle défile encore. Je perçois les paroles.
J'aimerais que tu partes tout simplement.
Car l'ombre de ta présence persiste
Et elle ne me laissera pas en paix
Il semble que ces blessures ne cicatriseront pas
Cette douleur n'est que trop réelle
Il y en a simplement trop pour que le temps puisse effacer
Quand tu pleurais, j'essuyais toutes tes larmes
Quand tu criais, je combattais toutes tes craintes
J'ai tenu ta main pendant toutes ces années
Mais tu as toujours
Tout de moi
Autrefois, tu me captivais
Par ta lumière résonnante
Maintenant je suis restée prisonnière de cette vie que tu as laissée
Ton visage hante
Mes rêves autrefois agréables
Ta voix a chassé
Toute la raison en moi
J'ai tant lutté pour me convaincre que tu étais bien partie
Mais bien que quelque part tu sois toujours avec moi
Je suis seule depuis le début. »
- Tu as fini de me reluquer comme ça ! Je suis ta s½ur, pas de la vermine ! Me dit-elle énervée.
- Je ne.. .
- Laisse tomber !
Fin du point de vue de Lauraine.
Je sens qu'on me fixe & j'ai horreur de ça ! Je me retourne, ma s½ur me regarde comme si j'étais un monstre. Elle m'énerve. Je lui dis ce que je pense. Je suis agressive dans mes paroles, je m'en fiche. Je me lève, prend mes affaires & part dans la salle de bain. Là je prends une douche bien chaude, qui me permet de me réveiller correctement. Je suis appuyée contre la paroi de la douche. Je regarde mon bras gauche, il est mutilé de marque.. . Puis mon regard dévie sur mon autre bras. Lui il n'en a pas, pas encore.. . Six mois, six mois que je m'injecte « ces » produits. Trop de pensés. Je pense trop. Faut que j'arrête. Je me dés-appuie du mur & fini de me laver. Je m'habille d'un slim noir, d'un top de la même couleur, ainsi que mes converses noires, je me maquille de deux traits noirs aussi, avant de mettre ma veste je m'injecte mon produit, je m'assoie au sol, je sens l'aiguille rentrer en moi, je jette ma tête en arrière de bien être, sentant le produit chaud parcourir mes veines. Je suis bien. J'attends quelques minutes avant de sortit, je fixe mon reflet. J'ai vraiment une salle tête. Faut que tu te dises que c'est de famille Essya ! Ta s½ur a à peu prés la même sale tête que toi. Comment se remonter le moral ? Descendre sa petite s½ur ! J'enfile ma veste, j'enfonce ma capuche de ma veste sur ma tête puis sors.
En attendant sa s½ur, Lauraine, se posa sur le lit, le regard fixe sur ce plafond d'un blanc sali, son attention est portée sur un point imaginaire. Elle repense au concert d'hier, mais ses pensées sont vites chassées par la terrible découverte d'hier : Essya, sa s½ur, son aîné, son modèle. Modèle drogué, modèle ravagé.
Point de vue de Lauraine.
Je fixe cette tache qui se trouve sur le mur. Une petite tache noire, en forme de c½ur. Je repasse ma soirée d'hier dans ma tête, du moment de joie à celui de l'incompréhension. Pourquoi s'afflige tel ceci ? Ce poison qui la détruit. Je ne comprends pas. Je veux comprendre, l'aider.
Je me redresse, secoue ma tête de droite à gauche, ça m'énerve. Mes yeux sont embrumés, mes larmes montent, je l'aime ma s½ur, pourquoi fait-elle cela ?
Je remarque deux objets par terre, d'un pas lasse, je m'avance vers eux. Mon c½ur loupe un battement. Une seringue & un flacon. Je suis déconcertée, je regarde mieux le tube où son putain de produit se trouvait hier, dessus est indiqué AMPHETAMINES. Elle se drogue aux amphet'.. . Un bruit de porte me sort de mes pensées.
Fin du point de vue de Lauraine.
Je sors de la salle de bain. Je vois Lauraine par terre, à genoux. On dirait qu'elle vient de voir un fantôme. Je fronce mes sourcils, qu'est ce qu'elle a ? Un pas, deux pas. Je m'arrête. Ouvre en grand mes yeux. Merde. Hier, j'ai fais tomber, mon « matériel ». Je me précipite vers elle & lui arrache des mains. D'une petite voix elle me dit : Essya. Ses gestes sont lents. Elle se redresse. Me crie dessus. Elle me crie POURQUOI. Toujours ce même mot, cette même interrogation.
Je ne réponds rien. Mais que devrais-je lui répondre ? Je suis désolée, je m'en veux, je ne le referai plus. Ca serait lui mentir ! Alors je ne dis rien. Elle me supplie du regard, pour que je lui dise quelque chose. Mais rien. Elle part en pleur s'enfermer dans la salle de bain. Pendant ce temps, je descends en bas de l'hôtel mettre mes seringues & doses utilisées à la poubelle qui se trouve au bout de la rue. Je remonte rapidement me vautrant sur le lit, iPod sur les oreilles, je me laisse bercer par la musique. Mon portable vibre. Je grogne. C'est ma mère. Je dépose le téléphone sur le lit, je le regarde vibrer ce qui le fait un peu tourner, je n'ai pas envie de répondre, de lui parler, mais au dernier moment je prends l'appel.
- Hm.
- Essya, ma chérie, ça va ?
- Oui.
- Le concert c'est bien passé. Dit-elle avec d'une voix enjouée.
- Oui.
- Ok.. . Lauraine est là ?
- Sous la douche.
- D'accord. Tu lui diras que j'ai appelée !
- Oui.
- Merci.. .
- .. .
- A ce soir, alors.. .
- Oui.
- Essya.
- Oui ?
- Je t'aime.
- A ce soir !
Je raccroche, balance mon téléphone au loin, & remet ma musique. J'entends ma s½ur farfouiller un peu par tout dans la chambre, elle est sûrement entrain de ranger.
- C'était qui au téléphone ? Me dit-elle en refermant le sac.
- Quelqu'un.
- Pourquoi ne me dis-tu pas que c'était maman ?
- Si tu sais la réponse, pourquoi poses-tu la question ?
Elle ne répond rien. Met le sac sur ses épaules. Me secouant le pied.
- Quoi ? Dis-je énervé.
- On va faire les magasins !
- En voilà une bonne nouvelle !
- Arrête un peu avec tes sarcasmes, on est à Paris, & qui dit Paris, dit shopping.
- & Tu comptes acheter ?
- Bien sur ! Papa nous a donnés de l'argent.
- Ho ! Fantastique. Papa t'a donné de l'argent, alors allons-y ! Dis-je avec une pointe d'ironie dans la voix.
- Arrête, ce n'est pas drôle. Me dit-elle d'une voix qui se voulait franche mais qui était au fond cassé.
- Ce n'était pas sensé être drôle.
Point de vue de Lauraine.
Nous partons dans Paris, se balader. Essya à son habitude est devant avec sa musique. Elle ne s'amuse pas. Comme un petit moment déjà, elle ne rie plus, ne s'intéresse à rien à part à sa musique. On peut dire que la s½ur que je connaissais n'existe plus.
Moi je suis en retrait. Faisant bonne figure, comme si ce week-end passé ici avait était l'un des meilleurs de ma vie. Mais non. Ma s½ur se drogue, & j'ai cette peur de la perde. De reperdre un être cher. Je ne veux pas, je ne veux plus !
- Lauraineuh !
- Oui ?
- Bon, tu veux qu'on rentre dans quel magasin ? Dit-elle agacée.
- Tu n'as qu'a rentré dans celui-ci.
Nous rentrons dans celui que j'ai indiqué. Ma s½ur se pose sur les fauteuils devant les cabines d'essayages. Je la regarde. Elle a changée, sur tout.. . Est-ce, cet* événement qui en est la cause ? Elle ne me le dira pas. Je sais seulement que dès notre retour à la maison. Je vais aider ma s½ur. Je ne la laisserais pas dans ce trou noir. Jamais !
